Au bord de la mer ou sous la mer, sur la
terre comme au ciel... Les Pyrénées
Orientales offrent une infinie
de plaisirs et de découvertes.
Côté
Argelès
Large
plage de sable de 7 Km de long, elle est
prolongée par 3 Km de criques en
direction de Collioure. Un nom d'argile
et de sel. Et pourtant... L'argile, il doit
bien y en avoir quelque part, dans quelques
replis anciens de cette grande plaine, pour
que l'on ait fait autant de tuiles, et de
si belles, aux toits du vieux village. Le
sel a bien un peu débordé
de la mer pour musarder vers les rivages,
mais, sage, et respectueux du travail des
hommes, il n'est pas allé bien loin.
Il a laissé la place au bon limon
apporté par la rivière afin
que poussent cyprès et peupliers
protégeant prairies et cultures
contre les vents irréfléchis.
Le chiendent et le lys des sables ont eu
ainsi leur part de territoire, ainsi que
les roseaux. Leur domaine ce sont ces dunes
et le sable à l'infini sous le vaste
ciel. Pour autant, vignes, vergers, et maraîchages
ne sont pas à l'étroit. Des
chevaux trottinent en petites troupes le
long de la frontière entre plage
et marécages. Les pins font de l'ombre
aux baigneurs qui ont renoncé trop
vite à grimper là-haut, sous
les hêtraies de la Massane. Entre
ombre et lumière, Argelès
c'est toutes les saisons plus une. Qui n'a
pas encore de nom.
Côté
Banyuls sur Mer
Large
baie abritée de la Tramontane et
dominée par le cirque des monts Albères,
Banyuls étale sa plage, égayée
par les barques catalanes des pêcheurs.
Les pieds dans l'eau, la tête dans
les vignes, le village, de terrasses en
rochers, de caves en aquariums, de plages
en pontons semblent promener sa nonchalance.
A Banyuls, on laisse du temps au temps.
Il en faut et beaucoup de courage aussi
pour édifier pierre à pierre,
inlassablement, ces murets qui protègent
de fabuleux cépages et que la pluie-inlasseblement
s’amuse à démolir. Il
en faut beaucoup de talent aussi pour vieillir
lentement ces nectars puissants et généreux.
Ici, les rochers sont abrupts, la terre
est escarpée, le soleil implacable.
C'est à la main que l'on fait naître
et que l'on récolte raisins ou olives.
Ici les fruits ont le goût incomparable
de l'effort. Voilà pourquoi, sous
les balcons fleuris, à l'ombre des
platanes de la place ou des palmiers du
front de mer, il est bon, aux heures calmes,
de se laisser tout entier absorber par le
cri d'une mouette, le claquement d'une voile,
le chant d'une guitare, l'image du vieux
Maillol qui, là-haut, dans son mas,
étreignait ses femmes de pierre.
Inlassablement.
Côté
Collioure
Plages
au coeur du village : baignade entre l'église
du XVIIème siècle et le Château
Royal du XIIIème siècle. Un
clocher que l'on dit impudique mais qui
n'est que singulier. Un phare, en fait,
que l'on croit éteint mais qui luit
d'une lumière intérieure,
qui signale à tous ceux qui débarquent,
tant par la route que par la mer, qu'ici
ce n'est pas comme ailleurs. Ce n'est pas
n'importe quel port. Selon l'heure, le long
des quais ou des ruelles, cela sent l'algue,
l'anchois, la peinture fraîche ou
le pastis. Ou bien tout à la fois.
Par les meurtrières du château,
on en sait quelle sentinelle veille sur
les tartanes, les lamparos ou les sardinals
dont les voiles demeurent la plupart du
temps assoupi. Mais on ne serait pas très
étonné de trouver un beau
matin quelque trirème grecque ou
galère romaine amarrée aux
côtés des barques catalanes.
C'est à peine si Matisse soulèverait
une paupière, cela ferait sourire
les jeunes artistes d'aujourd'hui qui ont
posé là bagages et pinceaux.
A Collioure, c'est hier et demain, c'est
le Sud et l'Orient, c'est toute la Méditerranée
qui a jeté l'ancre.
Côté
Port Barcarès
8
kilomètres de sable fin pour se prélasser
au soleil et plonger dans la grande bleue.
Si l'on a la bonne idée d'y arriver
tôt le matin, la route annonce, du
fond de l'horizon, que l'on entre en terre
catalane. Le soleil éclaire doucement,
juste ce qu'il faut, le Canigou. A ses pieds,
à nos pieds, l'eau est si lisse,
si calme, qu'on y entendrait un turbot s'endormir.
Ce tapis bleu et blanc qui ondule suavement
est-ce déjà la mer ou bien
encore l'étang ? Qu'importe. Au Barcarès,
la Méditerranée est chez elle
partout et joue à cache-cache avec
la terre. Un blanc paquebot s'y est laissé
prendre. Ou n'a pas eu le
choix. A tout jamais sur le sable immobile,
il regarde la mer, si loin si proche. A
peine surpris, tournant le dos aux marinas,
les flamants roses méditent-d'un
seul oeil et d'un seul pied sur la vanité
des choses et la fragilité du monde.
Le soir, dans le port et alentour, les bars
caressent les rêves de celles et ceux
qui ont eu leur content de soleil et cherchent
dans la fraîcheur de l'obscurité
la douceur d'un moment, une promesse de
rencontre.
Côté
Port-Vendres
Les
criques qui entourent le port et la qualité
des eaux en font un lieu privilégié
pour les plongeurs.
Tout en haut du village, sur une petite
place ombragée dominant la baie à
laquelle les marins de l'Antiquité
avaient donné le nom de Vénus
(peut-être parce qu'elle leur tendait
les bras et les tenait tendrement contre
son sein pour les rassurer après
les dangers et les fatigues de leur périple...),
se tiennent deux personnages de bronze,
le corps tendu vers le large.Elle s'appelle
Fenolla, il s'appelle Fenoll. Des prénoms
parfumés en accord avec les senteurs
des collines environnantes et les puissantes
odeurs qui montent du port.Fenoll veut partir.
Pour quelle terre ? Peu lui importe. Là-bas,
en face, du côté d'Oran ou
de Beni Saf, ou plus loin, vers l'Amérique.
Ce qui compte, bien sûr, c'est d'être
en mer. Fenolla veut le retenir ici, auprès
d'elle. C'est l'histoire éternelle
des marins et leurs amantes. C'est Port-Vendres,
l'immortelle. Ses ruelles et ses quais où
se mêlent filets et souvenirs
Côté
Saint-Cyprien
6km
de plage de sable fin s'étendent
le long de la côte sablonneuse avec
en toile de fond le Canigou et les Albères.
Quel est ce concert envoûtant au plus
calme de la nuit le long des pontons du
port de plaisance ? D'où viennent,
s'élevant au-dessus du clapotis des
vagues, cette rythmique de tintements légers,
ces bruissements aériens comme des
ailes d'oiseaux invisibles ?
C'est le chant des bateaux, de leurs drisses
qui frappent contre le métal des
mâts, de leurs voiles alanguies qui
se laissent bercer par l'air qui, en cette
heure de douceur, n'est plus du vent.Ecoutez
les voiliers, la nuit dans le bassin qui
sent les algues et les cordages, ils fredonnent
la chanson de la mer et du soleil, des nuages
irisés et du bon vent. Plus tard,
là-bas, tout près, vers cet
océan de verdure qui borde la plage,
le ciel pâlira, les hauts peupliers,
les lauriers roses murmureront de tout leur
feuillage, un cheval hennira, un oiseau
jettera son cri aigu et, d'un seul coup
d'aile, zébrera l'azur.
Côté
Sainte-Marie de La Mer
3
Km de plage de sable fin s'étirent
de la Réserve Naturelle au Port.
Tout à coup les vergers d'abricotiers,
les vignes et les champs d'artichauts disparaissent,
la campagne s'efface et la mer se fait sentir.
On entre dans le domaine des tamarins, de
leur feuillage rêche, de leurs branches
grêles. Pas de doute, ils sont ici
les maîtres. Quelques pins parasols
opulents, des troupeaux de lauriers roses,
une colonie de palmiers en villégiature
ont bien réussi à jouer des
coudes, mais évitent prudemment de
porter ombrage aux tamarins. A la plage,
la rencontre du lourd
grondement, des vagues, des dauphins qui,
croisent là-bas, au large. Mais les
tamarins sont des arbres. Ils ne peuvent
ni marcher ni nager. A moins d'un miracle,
un jour, à Sainte-Marie...
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